Il automne, à pas furtifs, Il automne à pas feutrés, Il automne à pas craquants Sous un ciel pourpre et doré. Sur les jardins dénudés Se reflètent. en transparence Les brumes d'automne rouillées, Rouillées Dans la forêt de tes cheveux Aux senteurs de poivres mêlés Et sur nos nuits de mi-novembre, Il automne miraculeux, Il automne miraculeux.
Il automne, il automne des chrysanthèmes Sur leurs deux cœurs endeuillés. Il automne des sanglots longs Sous un ciel gris délavé Et, de la gare au cimetière Où ils reviennent chaque année, De banc de bois en banc de pierre Et jusqu'à la dernière allée, On les voit d'escale en escale Qui n'en peuvent plus d'être vieux. Sur ce chemin de leur calvaire Qu'ils refont depuis tant des années, Il automne désespéré, Il automne désespéré.
Il automne, il automne, Il automne des pommes rouges Sur des cahiers d'écoliers. Il automne des châtaignes Aux poches de leur tablier.
Regarde les mésanges En haut du grand marronnier. Il y a des rouges-gorges Au jardin de Batignolles Et les enfants de novembre Croient que sont venus du ciel Ces petits oiseaux de plumes Echappés d'un arc-en-ciel. Pour les enfants de novembre Qui ramènent, émerveillés, Un peu de l'automne rousse Au fond de leur tablier, Il automne le paradis Bien plus beau que le paradis.
Il automne, il automne Il automne à pas furtifs, A pas feutrés, A pas craquants Et, sur nos nuits de mi-novembre, Il automne miraculeux, Miraculeux, mon amour...
Les feuilles mortes
Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes Des jours heureux où nous étions amis. En ce temps-là la vie était plus belle, Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui. Les feuilles mortes se ramassent à la pelle. Tu vois, je n'ai pas oublié... Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, Les souvenirs et les regrets aussi Et le vent du nord les emporte Dans la nuit froide de l'oubli. Tu vois, je n'ai pas oublié La chanson que tu me chantais.
{Refrain:} C'est une chanson qui nous ressemble. Toi, tu m'aimais et je t'aimais Et nous vivions tous deux ensemble, Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais. Mais la vie sépare ceux qui s'aiment, Tout doucement, sans faire de bruit Et la mer efface sur le sable Les pas des amants désunis.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, Les souvenirs et les regrets aussi Mais mon amour silencieux et fidèle Sourit toujours et remercie la vie. Je t'aimais tant, tu étais si jolie. Comment veux-tu que je t'oublie ? En ce temps-là, la vie était plus belle Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui. Tu étais ma plus douce amie Mais je n'ai que faire des regrets Et la chanson que tu chantais, Toujours, toujours je l'entendrai !